Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 13 novembre 2006
Handicap

La semaine du handicap organise une quinzaine de rendez-vous pour convaincre les employeurs potentiels

Les handicapés sont toujours très discriminés en matière d'emploi, malgré une législation plus contraignante pour les entreprises - et la fonction publique -, soulignent les associations qui organisent une semaine de sensibilisation pour convaincre les employeurs de leur ouvrir leurs portes. Près d'une personne handicapée sur trois est sans emploi, souligne l'Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (ADAPT), qui organise du 13 au 19 novembre - pour la 10e année - cette «Semaine de l'emploi des personnes handicapées». Pendant six jours, des rencontres vont être organisées sur tout le territoire entre employeurs potentiels et personnes handicapées, au cours de forums de recrutement, ateliers ou «jobs-datings». Une quinzaine de ces rendez-vous d'une dizaine de minutes, destinés à convaincre employeurs et employés potentiels de «faire affaire» ensemble, seront organisés à Paris et dans 12 villes de France. L'ADAPT, qui défend ce type de recrutement où le handicap est d'emblée affiché, se targue d'avoir obtenu en 2005 l'embauche de 55% des 720 candidats ayant décroché un entretien approfondi après leur job-dating. «En matière d'emploi des handicapés, on ne peut se contenter des dispositifs habituels. Il ne s'agit pas d'un passe-droit, simplement d'amener des personnes à compétences égales au même niveau de chances» de décrocher un travail, explique Emmanuel Constans, président de l'ADAPT. Car pour l'heure, le taux de chômage des personnes handicapées est toujours le double de la moyenne nationale, aux alentours de 20%. 62% des employeurs n'ayant pas de handicapés dans leurs effectifs émettent des réserves à en embaucher, soulignait en 2005 un sondage réalisé par l'AGEFIPH (Fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées). Depuis cette date, la loi Handicap entrée en vigueur en février 2006 a alourdi les amendes dont doivent s'acquitter auprès de l'AGEFIPH les entreprises n'ayant pas embauché 6% de salariés handicapés, comme la loi l'impose depuis 1987. Le retard est tout aussi important dans la fonction publique. Selon un rapport du député UMP Gérard Charpion, la fonction publique d'Etat n'emploierait que 3,6% de personnes handicapées, la fonction publique hospitalière 3,7% et la territoriale 3,8%. La loi sur le handicap du 11 février 2005 prévoit pourtant que les trois fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière) n'atteignant pas les 6% sont soumises à une contribution versée dans un fonds ad hoc qui aurait déjà récolté 50 millions d'euros, somme appelée à grossir puisque la contribution s'instaure progressivement jusqu'en 2010. Ses premières actions seront «la sensibilisation des fonctionnaires» et «la création d'un guide pour les responsables des ressources humaines».c=http

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